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  • Intérêt d’une confrontation des données en première et troisième personne au cours des psychothérapies

    « Le ressenti des patients est aujourd’hui rarement pris en compte pour évaluer les divers processus qui concourent à l’efficacité des psychothérapies. La sophistication actuelle des techniques destinées à analyser leurs effets, qu’ils soient neurobiologiques, cognitifs ou comportementaux, contraste avec la pauvreté des données recueillies quant à la conscience subjective du vécu corporel ou émotionnel du patient. Elles constituent pourtant les données primaires que l’on devrait mesurer et enregistrer en parallèle avec les autres données expérimentales. L’objectif de ce séminaire réside dans le souhait de rapprocher, dans un même cadre d’analyse, les effets des thérapies évaluées par différentes approches (cliniques, pharmacologiques, neurobiologiques, cognitives, comportementales, psychologiques, phénoménologiques) et l’expérience consciente, riche, personnelle et donc unique que le patient peut avoir de ces mêmes effets. Nous tenterons ainsi de dégager la place et l’importance du vécu subjectif du patient (« données en première personne ») pour la compréhension des mécanismes qui sont mis en jeu dans l’efficacité des thérapies utilisées aujourd’hui en psychiatrie (« données en troisième personne »). Toutes les modalités thérapeutiques seront envisagées quelle que soit leur nature : pharmacologique, analytique ou cognitivo-comportementale. Chaque séance portera sur l’une de ces modalités et réunira un intervenant et un discutant, clinicien et/ou chercheur très expérimenté dans la pratique des psychothérapies ou dans l’étude de leurs mécanismes, afin de confronter les effets thérapeutiques ressentis subjectivement par les patients d’une part, et les mécanismes de ces effets tels qu’ils sont objectivés par les cliniciens et les chercheurs d’autre part … » Cf. Séminaire Roland Jouvent, Mécanismes psycho-biologiques des TCC et de la Psychanalyse : différences et similitudes, Paris, 15 dec. 2011 - Séminaire organisé par Yves BURNOD (Directeur de recherche à l’INSERM) Régine JEANNINGROS (Directeur de recherche au CNRS)

  • Pourquoi la neuro-esthétique risque de ne pas dire grand chose sur la musique ?

    « Nous avons détaillé récemment, ce que nous pensions qu’il en était du paradigme des neurosciences au regard de la complexité. Nous avons souligné que se posait le problème bien inventorié par Morin, mais déjà noté par Kuhn, de la limite des paradigmes de la science standard, agissant à la fois comme systèmes formels de raisonnement dans lesquels des hypothèses productives peuvent se construire (et trouver ainsi une véritable efficience), et à la fois comme barrières à des modes de raisonnements nouveaux ou de pensée non standard qui sortiraient du cadre de ces paradigmes. Parmi les critiques qui nous semblent devoir être faites aux neurosciences, la critique de leur fondation dans le physicalisme et le réductionnisme afférent nous semble être la plus problématique. Concernant plus précisément les neurosciences et la musique, nous nous trouvons en fait devant une ambiguïté confondante. D’une part les neurosciences se fondent dans une approche physicaliste et particulièrement les neurosciences cognitives qui dérivent d’une psychologie à tendance physiciste, voire d’une psychophysique objectivante. Dans cette affaire l’expérience propre de l’individu, comme expérience vécue, est oubliée, voire niée ou récusée comme porteuse de sens … » cf. suite ci contre par Jean VION—DURY Actes du colloque de 2008 « Musique et complexité. Autour d’Edgar Morin et Jean-Claude Risset »

  • Le corps comme variable expérimentale ?

     « Plus proche de nous, dans les années 1940, Grey Walter, chercheur en neurophysiologie, reconnu pour son travail sur l’électroencéphalogramme et pour les nombreux progrès que lui et son équipe y apportèrent, était convaincu que de développer de nouveaux systèmes de visualisation et d’analyse était sans doute nécessaire mais non suffisant pour comprendre le cerveau en action. Il construisait des petits robots mobiles pour montrer que, au-delà de l’organisation cérébrale, ce sont aussi les caractéristiques anatomiques et physiques du corps qui déterminent le comportement. Mais que peut-on apprendre véritablement en travaillant avec des robots ?  Nous voudrions montrer que l’enjeu de ces expériences dépasse la simple communication scientifique, et que le travail de modélisation avec les robots permet de dégager des concepts nouveaux, difficilement approchables par d’autres méthodes … » cf. suite ci contre par Frédéric KAPLAN et Pierre-Yves OUDEYER Presses Universitaires de France - Revue philosophique de la France et de l’étranger 2008/3 - Tome 133 - n ° 3 

  • « Connais-toi toi-même »

     « L'enseignement universitaire ne doit pas être une saturation de la mémo ire ; sa mission n'est pas seulement la formation professionnelle, elle est aussi la formation des esprits, la connaissance de la condition humaine et la réflexion sur le destin humain, particulièrement pour les futurs médecins. Comment exercer son rôle vis-à-vis des hommes si on ne connaît pas l'Homme ? Les "sciences humaines" sont l'actualité du "connais toi toi-même" puisqu'elles ont pour objet la connaissance de l'Homme global, de son histoire, de son évolution, de sa constitution, et par la de lui-même. Lorsque j'enseigne l'origine et l'évolution de l'Homme, le corps, l'esprit et l'âme, le cerveau et la pensée, l'innée et l'acquis, l'individu et la personne, le normal et l'anormal, la santé, la maladie et la mort, la tolérance, le civisme,... il m'arrive souvent d'avoir une pensée intérieure, d'être curieux de moi- même. Je m'efforce de transmettre cette curiosité aux étudiants. … » cf. suite ci contre : Actualité de l'injonction de Socrate par Guy Lazorthes

  • Entretien avec Philippe DESCOLA

    «  La tradition phénoménologique a contribué à mettre en question une théorie de la connaissance et de l’action, qui remontait au cartésianisme, qui fut thématisée par Kant, et que l’on peut appeler le « réalisme cognitif ». C’est l’idée d’un esprit isolé dans sa boîte crânienne, recevant des informations sur le monde extérieur par le biais du corps et traitant ensuite ses informations de façon à donner des instructions en retour au corps, pour agir sur ce monde. Donc un dualisme du corps et de l’esprit dans lequel le corps a un rôle ancillaire et qui néglige le fait qu’il est à la fois en moi et dans le monde, qu’il est un instrument de connaissance au même titre que le cerveau. Ce dualisme est devenu le sens commun de notre anthropologie du corps en tant qu’Occidentaux modernes, de sorte que la critique du réalisme cognitif menée par Merleau-Ponty ne s’est pas imposée immédiatement. Or, comme Lévi-Stauss l’avait bien vu, il importe de pouvoir combiner une approche de type structuraliste (la construction de modèles contrastifs rendant compte de régularités) avec certains des apports de la phénoménologie de Merleau-Ponty… » cf. suite ci contre : Gilles Boëtsch revue Dilecta | Corps - 2007/2 - n° 3 pages 5 à 11 et Philippe Descola (2005), Par-delà nature et culture. Edition Gallimard